Sur l'estrade, ils sont sept - plus une voix off - à venir témoigner, à parler depuis les décombres d'un monde disparu dont ils sont les derniers vestiges. Plus vrais que natureAvec sa grammaire dramaturgique habituelle, au sommet de sa puissance, Emmanuel Meirieu a sublimé leurs voix et repoussé les limites de l'illusion théâtrale. Son travail d'adaptation est celui d'un orfèvre qui a veillé à conserver toute l'humanité que Svetlana Alexievitch s'était échinée à recueillir. Accompagnés par quelques notes de piano, éclairés par quelques lumières bien senties, sur fond de statues de Lénine déboulonnées, les témoins apparaissent alors plus vrais que nature. La Fin de l'homme rouge d'après Svetlana Alexievitch, mise en scène Emmanuel Meirieu.
Source: L'Humanite February 11, 2019 15:00 UTC