Ce mot, saudade, typiquement portugais, ne vibre et ne touche jamais mieux que lorsqu’il trouve asile au centre d’un poème. La présence, ici, de quelques poètes du Cap-Vert, tels João Vário, tisse le lien entre ces deux archipels de papier. « Le Portugal futur est un pays/où le pur oiseau est permis », écrit ainsi Ruy Belo (1933-1978). Une fois retracées les périodes fondatrices, jusqu’au symbolisme, les deux tiers de l’anthologie concernent les poètes du XXe siècle et l’explosion d’une modernité donnant naissance à d’impressionnants cante alentajano, du nom de ces polyphonies typiques du sud du pays. Résumés très vivants du parcours de chaque auteur, ils soulignent la singularité et les imbrications de leurs parcours créatifs.
Source: La Croix November 17, 2021 17:15 UTC