Une fois de plus, un sommet de l’Union européenne aura mis en scène ses divisions et frôlé le désastre avant de parvenir in extremis, comme dans un thriller, au happy end tant espéré. Pour la première fois, ce paquet ne compte pas seulement des prêts remboursables classiques (360 milliards d’euros), mais aussi une énorme part de subventions (390 milliards) qui seront financées solidairement. À ceux qui fustigent les calculs d’apothicaire du premier ministre néerlandais, on rappellera qu’il défendait son pays et qu’il a su transiger. Une fois de plus, ce sont l’Allemagne et la France qui ont décidé entre eux, et qui ont montré le chemin. Le jour où d’autres pays sauront penser l’Europe et la faire avancer sans attendre des deux grands qu’ils leur disent où aller, ce jour-là, peut-être, le rêve fédéraliste aura-t-il des couleurs plus chatoyantes.
Source: Tribune de Genève July 21, 2020 17:15 UTC