Verdi écrit pour la voix de mezzo-soprano une partition pleine d’allant et de pièges dont peu sortent victorieuses. À ce titre, la confrontation du ténor Brian Jagde (Alvaro) au baryton Zeljko Lucic (Carlo), respectivement amant et frère de Leonora, est parfaitement réussie. C’est auprès du père Guardiano – éloquent Rafal Siwek à la voix riche d’harmoniques – que Leonora éperdue trouvera protection, sinon consolation. Le baryton Gabriele Viviani lui prête son physique débonnaire et sa verve tout droit héritée de la tradition bouffe italienne. Que Verdi portera à son acmé dans Falstaff, ultime joyau de sa couronne.
Source: La Croix June 11, 2019 05:21 UTC