Le président brésilien Jair Bolsonaro tient une conférence de presse, le 18 mars 2020 au palais présidentiel à Brasilia / AFPAu moment où les dirigeants de la planète livrent une «guerre» contre le coronavirus, Jair Bolsonaro fait entendre une voix totalement discordante, provoquant malaise et inquiétude au Brésil, y compris dans son camp. «C'est gravissime qu'au moment de la pire crise sanitaire du Brésil (contemporain), le président Bolsonaro essaie de savonner la planche de son ministre de la Santé», estime Gaspard Estrada, spécialiste de l'Amérique latine à l'Institut d'études politiques de Paris. Sous la pression des présidents de la Chambre des députés, du Sénat, de la Cour suprême et de milieux d'affaires très inquiets, Jair Bolsonaro a demandé au Parlement l'état de calamité publique qui libérera des fonds. La crise du coronavirus, responsable de quatre morts, a fait chuter la Bourse de Sao Paulo de 44% depuis fin janvier et sombrer le réal. Finalement ce sont les concerts de casseroles, qui ont commencé à s'élever ces derniers soirs des immeubles des classes moyennes de Rio, Sao Paulo, Brasilia ou Salvador, qui pourraient alarmer le président Bolsonaro.
Source: La Croix March 20, 2020 07:30 UTC