L’auteur norvégien Jon Fosse, déjà porté au plus haut par Claude Régy, entre autres, est ces jours-ci illustré par Antoine Caubet, qui met en scène l’adaptation scénique du roman Matin et soir (1). À Pierre Baux revient la partition du mort-vivant, qu’il assume souverainement dans une sorte d’étonnement ontologique de tout le corps. Marie Ripoll prête une douce fraîcheur à cet apologue austère sur l’entrelacs mystérieux du fait d’exister et de n’être plus. Ainsi Madame Rosa est de format bibendum dans un logis minuscule et le voisin est nanti d’un cou interminable qui tourne à 180 degrés. Le petit Momo est un jeune homme, à qui revient de signifier la morale fraternelle de cette affaire de cœur ô combien émouvante.
Source: L'Humanite February 10, 2019 18:22 UTC