Enfant, fils de Suisse allemand qui n’avait pas le droit de manifester ses humeurs, j’étais vraiment embarrassé par mon émotivité. Quand je le regarde jouer contre Nadal, je suis carrément obligé d’aller me réfugier aux toilettes, tellement il me rend nerveux, tellement il y a en moi l’envie qu’il gagne. Je l’adore et je déteste l’adorer, parce qu’il fait de moi un type premier degré qui n’a plus aucune distance vis-à-vis de ce qu’il voit. Je suis parti de ce principe névrotique pour évoquer non ce qu’il est, mais ce que je voudrais qu’il soit. Je suis resté bien en deçà de ce que je fais dans le dessin de presse.
Source: Tribune de Genève March 09, 2018 17:03 UTC