La dernière fois que l’on avait eu la chance d’applaudir Kirill Petrenko, le 31 juillet dernier, il faisait ses adieux à l’Opéra de Munich à l’issue de l’ultime représentation de Tristan et Isolde de Wagner, sous le signe de l’accomplissement musical porté à son acmé. Comme si, en dix minutes à peine, Kirill Petrenko et ses instrumentistes berlinois avaient convié tous les enivrements et toutes les sensations féeriques du monde à envahir la Porte de Pantin. Il lui insuffle un tel dramatisme, de telles envolées et de telles expansions expressives que l’on adhère pleinement à son opinion. Kirill Petrenko voue une tendresse fidèle à l’œuvre de Josef Suk dont la dentelle orchestrale nécessite des interprètes de haut vol. La mère RussieL’enthousiasmante, déchirante et si romantique Ouverture-fantaisie de Roméo et Juliette de Tchaïkovski et le pétulant 1er Concerto pour piano de Prokofiev affirment, eux, la prédilection de Kirill Petrenko pour son « arbre généalogique » musical.
Source: La Croix September 06, 2021 12:09 UTC