Le roi Bérenger 1er agonise deux heures durant chaque fois qu’une scène accueille «Le Roi se meurt», cet indémodable classique d’Eugène Ionesco. Ici perruqué à la mode de Louis XIV, un monarque persuadé de son omnipotence (suivez mon regard, lequel adopte celui du metteur en scène!) apprend qu’il est atteint d’un mal incurable, et qu’il ne lui reste à vivre que le temps du spectacle. Il faut en déduire que la représentation, du côté de la vie, sait seule résister à la mort! Le metteur en scène se doit en toute logique d’appuyer le contraste entre «l’anormal» du théâtre et «l’habituel» mortifère.
Source: Tribune de Genève January 09, 2020 17:03 UTC