Ne cherchez pas trop l'âme russe dans ce « Vania » (d'après « Oncle Vania »), c'est l'âme tout court - l'âme universelle - que Julie Deliquet ausculte dans la deuxième salle du Français - un Tchekhov à la loupe, joué collé-serré autour d'une table par sept comédiens déchaînés. Poussés dans leurs retranchements, cultivant l'émotion pure, la spontanéité et le parlé cru, les acteurs se montrent à leur meilleur. Anna Cervinka arrache les larmes dans le rôle de Sonia, condamnée jusqu'à la fin de ses jours à diriger la ferme avec son oncle. Stéphane Varupenne donne au médecin écolo Astrov une densité et une mélancolie sans pareilles. Ce soir, Julie Deliquet a fait rire et pleurer Tchekhov dans la datcha de Molière.
Source: Les Echos September 26, 2016 03:22 UTC