Dans un appartement presque vide, Marie Nimier, les yeux bandés, recueille les confidences d’inconnus. « Une phrase entendue dans l’enfance, un acte que l’on regrette, un bonheur volé », dit l’annonce scotchée aux quatre coins de la ville que l’écrivaine a choisie comme laboratoire. Elle n’enregistre rien et écrit de mémoire ces histoires incongrues, tragiques, drôles ou violentes. Comme à confesse, ou chez le psychanalyste, des anonymes défilent pour se mettre à nu devant une personne qui ne les voit pas, comme si son bandeau la rendait invisible, transparente. Surgit l’image d’un père disparu, d’une petite fille solitaire et presque muette qui aimait faire des expériences.
Source: L'Humanite May 09, 2019 07:07 UTC