Dans sa soupente misérable, le narrateur du nouveau roman de Manuel Candré, Des voix, va subir le supplice de la possession. « Comme si j’étais né du langage et que je l’avais perdu », dit-il, il devient la proie de ces voix « anthropophages », « génocidaires ». Pragol, c’est évidemment Prague + Golem, cet homme de boue créé, dit-on, par un puissant rabbin pour défendre le peuple juif. Et le rabbi va l’utiliser, comme les autres, pour persé- cuter les vivants, en un grand renversement. Une fiction cauchemardesqueL’important, en fin de compte, est ce que Manuel Candré fait de cet arrière-plan mythique et analytique.
Source: L'Humanite May 08, 2019 18:00 UTC