Le préfixe « post- » est d’un usage de plus en plus courant. Il semble être la clé pour distinguer entre ceux que l’on voudrait figer dans le passé et ceux qui vivraient déjà dans l’avenir. Ceux que l’on qualifie de progressistes, et qui n’ont pas l’exclusive d’aimer le progrès, vivent tellement dans le futur qu’ils veulent construire un monde qualifié de « post- » pour afficher sans ambiguïté qu’ils ont effacé le passé pour vivre dans le futur. L’intelligence artificielle n’assistera pas la médecine, elle sera la médecine de demainIls développent ainsi une pensée qualifiée de « post-moderne », fondée souvent sur une « post-vérité », animée d’une morale « post-identitaire » ou « post-nationale », en attendant sans doute l’avènement du « post-humanisme »… Je crains qu’en voulant vivre dans le « post- », on finisse par ne plus être présent au monde. Et après le « post- », qu’y aura-t-il ?
Source: La Croix June 18, 2019 13:18 UTC