« Écrire, c’est entendre la voix perdue », affirmait-il déjà dans Le Nom sur le bout de la langue (P.O.L 1993). Pas de séparation franche entre ces dimensions, mais un grand scrupule, une rigueur passionnément appuyée à la nuit des temps. C’est dire l’importance qu’il accorde à la langue elle-même et à la parole qui en naît, et non pas, ou beaucoup moins, à l’identité nationale ou patriotique. Car, au travers de la langue, dans la langue même, c’est une littérature qui naît. « Un souffle humain dans l’air froid change la langue… » Pascal Quignard écrit comme il pense, mais aussi comme il respire.
Source: La Croix November 03, 2016 09:15 UTC