Mieux vaut tard que désolé, disait feu Sergio Marchionne qui ne voulait pas connaître le mot « jamais ». La phénoménale création de valeur passée (30 milliards d'euros entre 2011 et 2018), à laquelle la vente de l'équipementier Magneti Marelli rajoutera 6,2 milliards d'euros à titre posthume, n'arrête toutefois pas des investisseurs peu enclins à regarder dans le rétroviseur. Le dégonflement, de 3,5 milliards d'euros en deux séances, de la capitalisation boursière du constructeur turinois (soit -14,75%) a presque décuplé leur déception sur la cylindrée du dividende ordinaire, le premier depuis plus d'une décennie. Pour cette année, la distribution d'un cinquième du bénéfice net ajusté sera certes remplumée du reversement exceptionnel de 2 milliards grâce à Magneti (soit 10%de la valeur du groupe en Bourse). Le freinage brutal au dernier trimestre de la rentabilité de son premier débouché, l'Amérique du Nord, a surpris alors que grâce à Jeep, Fiat Chrysler était considéré comme l'un des rares constructeurs à pouvoir poursuivre sur sa lancée en 2019.
Source: Les Echos February 10, 2019 17:37 UTC