Empruntant les codes du roman d’espionnage, Julia Deck déroule les portraits en demi-teintes d’une vingtaine de personnages aux prises avec la puissance, libératrice et destructrice, de l’art pictural. Un chef-d’œuvre de l’art brut vibrant « d’un feu inimitable » et dissimulé, dit-on, dans quelque obscur couloir d’un pavillon genevois : révélation métaphysique inédite pour les uns, dangereuse pièce à la portée séditieuse pour les autres. La structure politico-financière, souterraine et pyramidale, œuvre en sous-main pour la bonne marche des affaires du monde, « l’harmonisation des pensées » et l’abolition de la puissance picturale de l’œuvre fantôme. Son dessein : conditionner la réception publique du tableau aux codes établis du marché de l’art. Sigma, qui signifie « la somme », est cet enchâssement de courts chapitres qui fondent le récit.
Source: La Croix September 13, 2017 17:43 UTC