« Il existe des monstres tapis jusque dans nos marais », prévient l'auteur catalan, qui conçoit « la littérature de genre comme une incarnation de l'Histoire » et l'investigation policière comme une quête de la résilience. Lui qui a étudié l'histoire avant de s'engager dans la police de Catalogne connaît mieux que quiconque les hydres malfaisantes engendrées par les épisodes tragiques du passé. Il mêle avec une aisance sidérante les événements d'hier et d'aujourd'hui et multiplie sans nous perdre les allers-retours entre les époques. La beauté des références culturelles (les poèmes argentins de Juan Gelman, les images de Gauguin ou de Vermeer, les textes de Proust ou de Joyce) sert surtout de produit de contraste avec la barbarie des actes perpétrés dans notre monde tristement réel. « La Veille de Presque Tout » a reçu le prestigieux Prix Nadal 2016, remis chaque année depuis 1944 au meilleur roman en espagnol.
Source: Les Echos January 19, 2017 12:01 UTC