Chaque fois que je me trouve devant un autoportrait de Rembrandt, je me sens apaisé, soudain d’une patience inattendue – déroutante, même – prêt à écouter, à attendre, à renoncer à mille choses. Il nous offre sa détresse en partage, et on en prend pour son grade, de l’avoir mis dans cet état. Mon manuscrit de Dernière lettre à Théo venait d’être accepté par les éditions Actes Sud, et leur fondateur, Hubert Nyssen, était venu me chercher à la gare. Je m’étais dit, à cet instant, que malgré tout l’immense amour que je ressentais pour Van Gogh, je n’aurais pas fait mieux que les autres. Et je comprends que le moment du partage est venu, qu’en lui parlant, c’est moi que je consolerai.
Source: La Croix October 17, 2016 08:32 UTC