Jérôme Baschet revisite les rapports du corps et de l’âme dans le christianisme médiéval et refuse toute idée d’un mépris du corps au bénéfice de l’âme. Certes, reconnaît-il, le Moyen Âge n’a pas ignoré la lutte de la chair et de l’esprit, mais « les clercs médiévaux ont aussi pensé le rapport entre l’âme et le corps comme une union heureuse, une harmonie musicale, une amitié profonde ». On ne saurait être plus éloigné de l’idée d’un corps « prison de l’âme »…La chrétienté a pour ligne d’horizon la résurrection des corps et le « corps glorieux », union parfaite entre le corps et l’âme. Jérôme Baschet rappelle que, dans cette anthropologie, le corps est soumis à l’âme selon une hiérarchie toujours respectée. Mais, cette condition reconnue, il insiste sur « l’extraordinaire rédemption du corps impliquée par la conception de la résurrection qui s’affirme dans l’Occident médiéval ».
Source: La Croix November 03, 2016 09:22 UTC